Jean Marc Priez

Jean Marc Priez

Volontaire, ancien président de Techno Plus

Engagé dans la lutte contre le Sida à la fin des années 80, j’ai milité et travaillé à l’association AIDES entre 1990 et 1998. A cette rude école j’y ai acquis deux convictions: En matière de santé on ne demande pas à une personne de changer ses savoirs et ses savoir-faire en lui demandant de changer ce qu’elle est. On ne demande pas à un ou une travailleuse du sexe d’arrêter la prostitution, on ne demande pas à un ou une consommatrice de drogues de « s’abstenir », ces questions-là relèvent d’autre chose, mais pas de la santé. Que face à l’absence de réponses ou d’opposition aux réponses de santé publique, la santé communautaire était un outil primordial, surtout pour les minorités.
J’ai intégré l’association Techno Plus en 1997 et en ai été président entre 1999 et 2002. A ce titre, j’ai assisté au procès de Techno Plus au 1er rang, étant le représentant légal.
De 2007 à 2016, j’ai travaillé à l’Association Française pour la réduction des Risques, aujourd’hui disparue.
A l’heure actuelle, avec un collègue, lui-même ancien président de Techno Plus, je continue à former les nouveaux volontaires de Techno Plus, mais aussi de beaucoup de groupes festifs en France, sur la réduction des risques et la santé communautaire.

Nuits, fêtes et désobéissances

C12
Techno Plus, association de santé communautaire issue du mouvement techno, créée en 1995 et financée depuis 1997 par le ministère de la santé française, puis reconnue et soutenue par la MILDT (Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie) fut accusée et mise en procès en 2003 pour avoir à Paris et sur le territoire national : -Provoqué à l'usage de produit présenté comme ayant les effets d'une substance ou d'une plante stupéfiante. Infraction prévue par ART.L 3421-4 AL.2,AL3 C.SANTE.PUB et réprimée par ART.L.3421-4 AL.2, AL.1 C.SANTE.PUB. -Facilité l'usage de substance ou plante classée comme stupéfiants. Infraction prévue par ART.222-37 AL.2, ART.222-41 C.PENAL. ART.L.5132-7 C.SANTE.PUB. ART.1 ARR.MINIST90-A498 DU 22/02/1990, et réprimée par ART.222-37 AL.1, AL.2, ART.222-44, ART.222-47, ART.222-48, ART.222-49 AL.1, ART.222-50, ART.222-51 C.PENAL. Pourquoi une association, reconnue et financée par les pouvoir-publics depuis 5 ans se retrouve t’elle au tribunal pour des actes qui font sa reconnaissance et son financement ? Mais tout simplement parce que les articles ces accusations existent. Il peut exister mille raisons pour « justifier » ce procès : la bataille entre les « répressifs » et la santé publique, l’idée que Techno Plus était une petite association, donc plus vulnérable, ou encore que cette association symbolisait la désobéissance civile incarnée par le mouvement des frees partys, que par ses prises de position publique l’association s’était faite des ennemis… entre complotisme, paranoïa et lucidité politique, nous pourrions en discuter pendant des heures. Mais la seule et vrai raison fut que ces articles de lois existaient (et d’ailleurs existent toujours) et que saisie, la justice fit son travail. Finalement, la seule question qui se pose est de savoir qu’est ce qui fait qu’on change, ou plutôt qu’on ne change pas une loi, même mauvaise ? A l’instar de la Justice qui a du mal à reconnaître les erreurs judiciaires, les Parlement ont-ils des scrupules à revenir sur des lois émises par leurs prédécesseurs ?
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